Vers un transport maritime plus propre

Vers un transport maritime plus propre

Aujourd’hui, 90% des échanges de marchandises dans le monde sont réalisés par voie maritime. Ce moyen de transport, qui représente environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), est le moins polluant actuellement si l’on prend en compte le tonnage transporté. Cependant, ces émissions sont appelées à s’intensifier, en particulier parce que la mondialisation entraîne le développement des échanges commerciaux et donc du trafic maritime.

C’est dans ce contexte que les constructeurs de navires et les armateurs réfléchissent à des solutions innovantes afin de réduire l’impact écologique du transport maritime. Ces acteurs répondent ainsi aux recommandations de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui a fixé pour objectif une réduction de 50% des GES à l’horizon 2050.

Parmi les solutions envisagées, la diminution de la vitesse des navires de transport est évoquée. Cette proposition a été avancée par la France lors du G7 organisé à Biarritz en août 2019. On peut citer également le recours à des carburants moins polluants tel que le gaz naturel liquéfie (GNL), la réduction des teneurs en souffre des carburants utilisés ou l’utilisation des technologies du numérique pour améliorer le routage des navires.

Depuis quelques années, une autre solution technique est à l’étude. Elle fait appel à l’énergie du vent comme mode de propulsion principal ou secondaire. C’est ce qu’on appelle la propulsion vélique ou éolienne.

Ce marché émergent repose sur différentes technologies puisqu’il peut s’agir d’utiliser des voiles souples, des voiles rigides, des cerfs-volants de traction ou ailes de kite, des rotors ou des turbines éoliennes. Dans tous ces domaines la France est particulièrement bien avancée. Ainsi plusieurs projets de propulsion vélique sont actuellement à l’étude ou en cours de réalisation. On peut citer le projet de paquebot « Silenseas » développé par les Chantiers de l’Atlantique qui utiliserait des voiles rigides automatisées. Dans le domaine du transport de fret, des entreprises de cabotage ou de commerce de faible tonnage comme Grain de Sail (Morlaix) ou TOWT (Douarnenez) misent sur des voiles souples pour transporter des produits comme le thé, le café, le chocolat ou encore le rhum. Pour les sociétés Airseas (Toulouse) ou Zéphyr & Borée (Nantes), il s’agit d’acheminer des pièces d’Airbus entre la France et les Etats-Unis ou le lanceur de la fusée Ariane entre la métropole et la Guyane en utilisant des ailes de kit. Cette technique a aussi été retenue par l’entreprise Beyond the Sea (Aquitaine) qui s’est associée avec l’armateur CMA CGM pour équiper des navires de commerce. Enfin la société nantaise Neoline développe un cargo-roulier hybride qui utiliserait le vent en mode de propulsion principal sur une ligne transatlantique.

Evidemment, à terme, ce transport maritime plus « écologique » devra prouver son intérêt économique et rassurer les opérateurs et investisseurs notamment sur le respect des délais. Dans un rapport publié en 2019, l’ISEMAR (Institut Supérieur d’Economie Maritime) indique que ce secteur d’activité ne devrait prendre son essor qu’à partir de 2030-2040, une fois que les premières lignes auront démontrées leur efficacité.

 

 

 

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